Audi Snowboard Series, au cœur de l’action : 4e épisode avec Denis Giger 17. Déc 2018

Audi Snowboard Series, au cœur de l’action : 4e épisode avec Denis Giger

Il y a un peu plus d’un mois, la saison de l’Audi Snowboard Series a été lancée avec l’événement freestyle sur le Glacier 3000. La prochaine rencontre au programme, le slalom géant nocturne à Flumserberg, aura lieu dans deux semaines. Afin de vous tenir régulièrement au courant, nous prenons le pouls de différents acteurs et proposons un tour d’horizon de la saison 2018/19 en quatre épisodes hebdomadaires. Après Sacha Giger et David Hürzeler, respectivement Chef Snowboard et Responsable de projet Freestyle-Events, nous avons interviewé la semaine dernière Gudio van Meel, Race/Contest Director de l’Audi Snowboard Series. Denis Giger, responsable de la relève dans le domaine snowboard, clôt aujourd’hui notre tour d’horizon. Il nous présente sa vision de l’Audi Snowboard Series.

Régulièrement, on entend dire que l’Audi Snowboard Series est le tremplin de carrières prometteuses dans différentes disciplines. On pense par exemple à Elias Allenspach et Berenice Wicki en freestyle ou à Kalle Koblet en cross. Et toi, comment vois-tu la chose ?

DenisG : La compétition de snowboard a toujours été la plaque tournante de laFédération. À une certaine époque, la Fédération n’organisait que descompétitions. De nombreux éléments que nous abordons aujourd’hui, comme larégionalisation, la formation des entraîneurs ou la définition de plansd’entraînement-cadre, n’étaient alors absolument pas à l’ordre du jour. Lescompétitions ont en revanche toujours existé. Quelques athlètes ont empruntécette voie : Gian Simmen, Fabien Roher, Philipp Schoch, Nevin Galmarini, TanjaFrieden, Patrizia Kummer ou Daniela Meuli se sont tous fait un nom en Suisse autravers de la compétition.

En tant que responsable de la relève, tu es présent lors de nombreuses manifestations de l’Audi Snowboard Series. Quelle ambiance règne lors de ces rencontres ?

J’y perçois une ambiancepositive et familiale, laquelle reste toutefois fortement empreinte de l’espritde compétition. Je trouve très intéressant que de nombreux anciens athlètesassistent désormais aux compétitions avec leurs enfants. Cela donne naissance àdes discussions souvent de très haut niveau entre les différentes parties. Lelien très fort du public avec le sport fait régner une ambianceparticulièrement émotionnelle lors des épreuves et tout le monde vibre avec lesathlètes.

Le succès de l’intégrationdes catégories U11 et U13 souligne le rôle majeur des médailles en Suisse etleur caractère indispensable. Bien entendu, certains pays, comme la Norvège,n’organisent encore aucune compétition à ce niveau, mais nos enfants dans lesplus jeunes catégories ressentent toujours un bonheur intense au moment demonter sur le podium.

Lesrencontres sont différentes d’un site à l’autre. Il est intéressant deconstater à quel point chaque compétition possède un charme particulier, quelui confère la station ou la région dans laquelle elle est organisée.

Par la fonction que tu occupes, les points forts et les points faibles de tes athlètes n’ont plus de secrets pour toi. À quels aspects doit-on être plus attentif lors des entraînements et des compétitions eu égard à la relève ?

Jepense qu’il est très important que l’on ne perde pas de vue le fait qu’unentraînement de qualité doit toujours être au centre des préoccupations. C’estun aspect qu’il faut régulièrement rappeler au sein des régions et auxentraîneurs. Le succès en compétition ne doit pas être un but à court terme, maisil doit s’inscrire dans la durée. J’estime que la régionalisation à l’Est, auCentre et à l’Ouest est une bonne chose. Grâce aux compétitions organisées dansles différentes régions, les athlètes doivent dépenser moins d’énergie pourdisputer les épreuves.

Sacha Giger a d’ores et déjà donné quelques conseils aux jeunes participants de l’Audi Snowboard Series. Quels sont les tiens ?

J’observerégulièrement un trop important esprit de niche. De nombreux spécialistes dusnowboardcross, du freestyle et de l’alpin pensent avoir intérêt à participeruniquement aux compétitions dans leur discipline. Chez les enfants de 8 à 14ans, il ne devrait pas encore y avoir de spécialisation. Je pense qu’il estprimordial que l’on comprenne l’importance de participer à un grand nombre decompétitions. Dans cet esprit, je trouve l’évolution des Banked Slalomsparticulièrement réjouissante. Aux niveaux T1 et T2 il faudrait participer àdes manifestations polyvalentes. Cela signifie qu’un jeune athlète concourtdans différentes disciplines. À partir du niveau 3, on peut ensuite commencer àse spécialiser dans la discipline de prédilection.

Tu fais partie du métier depuis quelques années déjà et as vu évoluer un bon nombre de cracks. Quel est le parcours d’athlète idéal pour un jeune talent ?

Commeje l’ai dit précédemment, il faudrait cesser de vouloir à tout prix sespécialiser et renouer avec le snowboard. Chacun de nos grands cracks estd’abord un excellent snowboardeur. L’idéal est de se développer et construire àpartir de la technique de base. Pour devenir un snowboardeur complet, il fautacquérir certains fondamentaux. Un spécialiste du freestyle devrait par exempleapprendre aussi à réaliser des sauts, un spécialiste du cross négocier un boxet un snowboardeur alpin ne devrait pas éviter le temps passé en l’air(airtime). En fait, une chose doit être claire : il n’existe pas de raccourci !Il y a vraiment beaucoup de choses à apprendre pour accéder au sommet.

Une petite question qui ne concerne pas uniquement l’Audi Snowboard Series : que pouvons-nous attendre cette saison des jeunes athlètes qui ont accédé au cadre supérieur ?

Lestemps forts de cette saison seront les différents Championnats du monde juniorsainsi que l’EYOF. Je pense que nous pouvons surtout attendre beaucoup desjeunes nés entre 2002 et 2004. Ce sont aussi les espoirs qui pourront sequalifier en freestyle pour les JOJ 2020 à Lausanne. Nous avons parmi eux desathlètes prometteurs, qui bénéficient d’un entraînement professionnel dans lesécoles de sport. Eu égard aux futurs JOJ et EYOF, des journées d’entraînementsupplémentaires seront aussi organisées par nos soins. J’ai hâte de voir toutce qui va se passer ! Un autre point important consiste également à ne jamaisnégliger l’entraînement hors neige.

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